Hier soir a eu lieu à l’assemblée, au moment du passage en deuxième lecture du projet de loi sur les OGM, la première claque à Nicolas Sarkozy et au gouvernement Fillon…
Le député communiste André Chassaigne dépose une motion de procédure qui permet de rejeter le projet de loi sans passer par sa lecture. Dans l’Hémicycle sont présents 273 députés dont 136 de l’opposition… les députés de la majorité sont assez nombreux normalement pour que la motion soit rejetée… leurs camarades UMP traînent hors de l’Hémicycle… peu enclins à rejoindre leurs bancs…
Le vote a lieu, le banc de l’opposition se lève, surpris lui-même par le résultat du vote… 2 des députés UMP se sont abstenus… la motion de blocage est passé… tout est à refaire pour le gouvernement Fillon…
C’est une victoire énorme pour la gauche, et pour les français majoritairement opposés à ce projet de loi… Nathalie Kosciusko-Morizet qui avait exprimé vertement sa désapprobation et qui hier, avant le vote faisait profil bas, peut relever la tête (pas trop quand même, il ne faudrait pas que ça se voit…)
C’est une victoire aussi et surtout pour tous ceux qui croient, comme nous, en une démocratie parlementaire forte… et nous l’avions dit dans ces colonnes : c’est par une présence massive et quotidienne de nos élus de gauche que nous pourrons nous opposer à la politique inique du gouvernement… Que n’avons-nous eu cela au moment du vote des lois immigrationistes indignes de notre République…
C’est un plaidoyer pour le non cumul des mandats qui seul permet la présence chronique des députés à l’Assemblée. Etablir une forme de « guerilla » parlementaire en ne baissant jamais la garde et en forçant la majorité si encline au cumul, comme beaucoup de nos propres élus, à légiférer en se mettant sérieusement au travail…
Bravo aux 136 députés PS mais aussi PC et Verts… Que cette victoire ne soit qu’une première… si vous avez compris le truc… ça ne sera pas la dernière !
Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de ne pas en être accablé et
de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux
grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.
Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux
applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques"
Jean Jaurès, Discours à la jeunesse, 1903