Un espoir renaît aujourd'hui au Proche-Orient. Du sein des sociétés israélienne et palestinienne, des voix citoyennes viennent de s'élever avec courage et lucidité. Elles proclament que malgré la violence et le fanatisme accumulés depuis près d'un siècle, un accord entre les deux peuples est encore possible.
Portées par des patriotes israéliens et palestiniens, l'Initiative de Genève lancée par Yossi Beilin et Yasser Abbed Rabbo et La Voix des Peuples d'Ami Ayalon et Sari Nusseibeh prennent en compte la dignité, les craintes et les aspirations les plus profondes de chacun des deux peuples. Elles indiquent en préambule le principe fondamental qui les anime : « deux peuples, deux Etats ». L'Etat d'Israël comme Etat du peuple juif, l'Etat de Palestine comme Etat du peuple palestinien, tous deux issus d'un mouvement légitime de libération nationale. L'une et l'autre prévoient en particulier : un démantèlement de la plus grande partie des implantations juives en Cisjordanie et Gaza, des échanges de territoires acceptés par les deux parties sur la base des frontières de 1967, une résolution digne et réaliste de la question des réfugiés palestiniens conditionnée au respect de la souveraineté israélienne, l'arrêt des violences et un partage de Jérusalem comme capitale des deux Etats.
Ces initiatives procèdent d'une vision, celle qu'Israéliens et Palestiniens puissent un jour vivre en paix, côte à côte, au sein de deux Etats souverains et démocratiques. Cette vision, nous la partageons.
Par la création d'un collectif, les associations signataires expriment leur volonté de soutenir toutes les initiatives en vue d'un accord permanent entre Israéliens et Palestiniens fondées sur ces bases.
Nous appelons toutes celles et tous ceux qui soutiennent ce texte fondateur à nous rejoindre.
Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre(...). Le courage, c’est de
supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces(...). Le
courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant avec la vie générale(...). Le courage, c’est de dominer ses propres
fautes, d’en souffrir mais de ne pas en être accablé et de continuer son chemin. Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de
comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.
Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre
bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques"
Jean Jaurès, Discours à la jeunesse, 1903